Les jeunes : une attention de tous les instants en entreprise

Samedi 7 Août 2010

Selon le philosophe Marcel Gauchet « on ne fait plus un enfant pour la société mais un enfant pour soi » dés lors c’est « un enfant dont il s’agit d’assurer le bonheur ici et maintenant, au travers de l’épanouissement de son individualité, à part des frustrations et des vexations de la société telles que les subissent ses parents ». La famille n’est donc plus l’institution contraignante qu’elle était autrefois, sa finalité première est désormais le bien-être de ses membres. Les notions de travail, endurance et obéissance n’y prédominent plus.

Arrivés à l’âge adulte, les jeunes ont de plus en plus de mal à devenir matures, on parle – pour les 18/30ans – d’ « adulescents ». Ceux-ci expriment une certaine réticence à devenir adulte par crainte d’un enfermement dans des rôles imposés. A cette peur, il faut ajouter la crainte d’entrer dans un monde objectivement dur marqué par le chômage et la montée de la précarité.

Mixer plaisir et travail ? Une évidence pour la Génération Y!

Les jeunes veulent s’épanouir dans leur activité professionnelle, la notion de « plaisir au travail » est essentielle pour les 21-30 ans. La conséquence est frappante : autant ils sont enthousiastes sur les projets qui leur tiennent à cœur, autant ils ont tendance à trainer des pieds sur les tâches les plus rébarbatives. Normal en apparence, ce résultat trahit pourtant un état d’esprit : celui qu’ils n’ont pas intégré que le travail comporte des aspects répétitifs et fastidieux.

Bien que le travail reste ce qu’il y a de plus important après la famille, les jeunes n’ont plus cette éthique sacrificielle qui a caractérisé la génération précédente. Ils attachent une importance particulière à l’aspect relationnel de leur activité professionnelle et sont sensibles au respect de la vie hors-travail.

De plus, la permissivité à laquelle ils ont été habitués et leur recherche de « fun » pendant les heures du bureau conduit le jeune a mal intégré certains interdits comme celui de la consommation de drogues ou d’alcool sur le lieu de travail. Ces comportements déviants ne sont pas nouveaux mais les responsables des ressources humaines confirment la difficulté d’éloigner les drogues douces des chantiers ou des usines.

Je veux que l’on s’occupe de moi

L’enfant du désir a eu l’habitude de bénéficier d’une attention particulière de la part de ses parents : on peut parler de maternage. Une étude du Credoc sur les solidarités familiales parue en 2007, confirme l’aide apportée par la famille à leurs plus jeunes membres (18-24 ans) que ce soit pour les démarches bancaires, administratives et fiscales, ou la recherche d’un logement. Lors de son arrivée dans l’entreprise, le jeune recherche ce type de soutien et exprime son besoin de cocooning.

La directrice d’une petite entreprise d’ascensoristes le confirme : « Dans les métiers en tension, il est clair qu’il faut être prêt à apporter aux jeunes que l’on souhaite recruter ou fidéliser une sorte de service à la personne sur mesure. Dans les TPE, on peut le faire. Moi, je suis, pour les jeunes recrutés, assistante sociale, conseillère fiscale, facilitatrice en beaucoup de domaines. Il faut savoir chercher du travail pour la copine, gérer des dossiers de surendettement… »

Comment répondre à leur demande de bien-être ?

La génération Y n’est pas la seule à réclamer d’avantage de bien-être en entreprise, mais la question se pose ici avec plus d’acuité. Dés lors, que peut faire l’entreprise ?

Idée 1 : Expliquer. Les jeunes demandent une meilleure prise en charge de leurs besoins par l’entreprise, il est nécessaire que les salariés des ressources fassent un effort de pédagogie afin de leur expliquer tout ce que l’entreprise finance déjà comme le 1% logement par exemple.

Idée 2 : Ambiancer. Pour fidéliser et motiver la jeune génération, l’ambiance sur le lieu de travail est importante. Pour la favoriser, le groupe Accor propose aux managers d’aller « boire un verre après un gros service », les cabinets d’audit privilégient les « dîners d’équipe » à l’issue de missions difficiles. Créer des événements ponctuels ou réguliers permet d’instaurer une atmosphère de travail plaisante et conviviale à laquelle sont sensibles les jeunes.

Idée 3 : Proposer. En termes de maternage, chaque entreprise est libre de choisir le degré de soutien qu’elle souhaite, ou peut, apporter à ses salariés. Les grandes entreprises mettent de plus en plus des services type conciergeries ou crèches à la disposition de leurs salariés. Les PME et TPE apportent des services différents, souvent de manière beaucoup plus personnelle comme des conseils, l’aide à la constitution d’un dossier administratif…

Idée 4 : S’engager. La génération Y est sensible à un certains nombre de valeurs qu’elle s’attend à retrouver en entreprise. Certaines grandes entreprises offrent à leurs collaborateurs la possibilité de s’engager dans des missions humanitaires par le biais du mécénat de compétences, d’autres insistent davantage sur les valeurs qu’elles promeuvent en interne via une charte éthique par exemple.




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