Progresser en entreprise… selon la Génération Y

Vendredi 6 Août 2010

La Génération Y est pressée. Internet a transformé sa perception du temps et rendu l’attente archaïque. Désormais tout est instantané, que ce soit la communication via les chats ou la recherche d’information par l’entremise de Google ou de Wikipedia. Cet esprit de génération se retrouve lors de leur arrivée dans l’entreprise : ils veulent tout, tout de suite notamment quand il s’agit de promotion.

Une forte confiance en eux-mêmes… mais un avenir incertain

Cette envie de monter rapidement dans l’entreprise est en partie liée au fait qu’ils s’estiment compétents et donc confiants dans leur avenir professionnel. D’un point de vue individuel, l’optimisme est de rigueur. Par contre, au niveau de la société dans son ensemble, la génération Y est résolument pessimiste voire anxieuse. Ces deux données, apparemment contradictoires, les incitent à demander beaucoup, et vite, à leur entreprise. Si leurs demandes ne sont pas satisfaites ils n’hésitent à partir instantanément : c’est la génération zapping.

Il ne faut toutefois pas omettre le paramètre financier qui explique aussi cette volonté d’avancement rapide. De l’aveu même de plusieurs responsables de ressources humaines, les jeunes « rament financièrement » et sont souvent confrontés à des situations familiales compliquées : de plus en plus de jeunes assument la charge de foyers monoparentaux par exemple. De plus, le travail est toujours très nettement considéré comme un moyen d’échapper à la crainte, vivace, de l’exclusion.

Une vitesse de progression réaliste ?

Les jeunes souhaitent travailler dans une entreprise qui « respecte les logiques de contribution/rétribution, et qui assure la progression de ses salariés ». Ils sont demandeurs de participation aux bénéfices, de primes, de progression de responsabilité et de salaire. Ils ont envie d’évoluer et que leur travail soit reconnu.

Face à cette demande de progression rapide des jeunes, les chefs d’entreprise sont souvent sceptiques car les jeunes veulent avancer sans être encore pleinement productifs. Comme l’explique la responsable d’une entreprise d’agroalimentaire « La difficulté est de faire comprendre aux jeunes que l’évolution n’est pas à douze mois mais à cinq ans. Ils ont trop l’habitude de la rapidité et n’ont pas appris la patience. C’est là qu’il faut faire un effort important de pédagogie ».

Quelle attitude adopter ?

Attitude 1 : Communiquer. « L’entreprise doit expliquer au jeune, dés son arrivée, que la première expérience professionnelle est encore une phase de formation ». Il est de la responsabilité du manager d’expliquer aux jeunes collaborateurs qu’il va falloir être patient. Il faut ensuite faire un travail de pédagogie afin de lui donner les commandes dont il dispose déjà et lui montrer les possibilités qu’elles offrent.

Attitude 2 : Former. La formation est l’un des moyens de canaliser l’impatience des jeunes en leur proposant des possibilités d’évolution à venir. Plus on forme et plus on les garde.

Attitude 3 : Individualiser les salaires. De nombreuses entreprises utilisent les entretiens annuels pour mesurer la productivité de chacun et ainsi déterminer les augmentations et les promotions des salariés. D’autres mettent en place des systèmes d’affichage des performances individuelles afin de « booster » la productivité de leurs équipes. Cependant, il faut veiller à ne pas tomber dans l’individualisation extrême qui pourrait saper le travail collectif.




positions


Vidéos

  • Management
  • Diversité
  • Videos Egalité
  • Insertion

Publications